EXPO / Frédéric Clavère -The Devil in miss Jones

Vernissage le jeudi 29 aout 2019 à 18h30
Exposition du 30 août au 28 septembre 2019

En lien avec Pareidolie, salon du dessin contemporain 2019

Peux-tu me parler de ton choix plastique pour ton exposition, plus précisément le choix philosophique et esthétique de l’exposition ? Stéphane Guglielme

Je crois que lorsque tu m’as proposé cette exposition, le premier élément déclencheur celui sur lequel j’ai pu « greffer » mon imaginaire, c’est l’espace. Avec ceci de particulier, que j’ai tout de suite vu un potentiel dans sa profondeur, un large couloir, pratiquement sans interruption avec une seule entrée. J’y vois assez rapidement une sorte d’hyper dilatation de la couche picturale d’un tableau dont le cadre serait l’entrée même de la galerie. Je reviendrai sur cette idée de couches picturales, de saynètes successives…

Quand au sujet ou au thème abordé, je souhaitais développer une vision infernale pas forcément au sens d’un enfer chrétien même si quelques figures y font référence (le jugement dernier de Van der Weyden, l’agneau de l’apocalypse de Van Eyck). Dans l’ensemble, après bien de nombreuses constructions et déconstructions, c’est la figure de l’effroi, je crois, qui s’est imposée. Au sens de ce qu’il ne faudrait pas voir; comme ceux qui ont bravé l’interdit de Dieu et se sont figés en statuts de sel à la vision de l’action divine sur Sodome et Gomorrhe, la vision de la Méduse qui elle aussi fige instantanément dans la pierre, ou bien Orphée qui ne résiste pas dans les enfers, se retourne pour voir et perdre ce qu’il désirait le plus, la liste serait longue jusqu’à Magritte avec son impossible représentation du réel. Pour revenir sur cette question des couches – saynètes, j’ai souhaité un premier plan ou un accueil par des silhouettes peintes sur panneaux de bois découpé qui jouent un peu le rôle de gardiens ou de figures d’alerte comme dans un jeu de massacre – plusieurs éléments sont empruntés au carnaval, aux jeux de foire – on y trouve chevalier, policier, astronautes, la mort musicienne ainsi que l’auteur en petite fille. Dans le second plan les choses s’animent un peu avec des personnages masqués (démons, crocodile, écorché, coucou suisse, corbeau, vache qui rit) qui n’interagissent pas avec le visiteur, ils vaquent à leur occupation comme dans une autre dimension. Ils se servent un liquide rouge au centre dans une pipe géante alimentée par une créature de mauvaise vie (bêêê bêê!) et retourne s’asseoir autour de la table -méduse, pet être en jouant un peu de tam tam. A ce propos il y aura une bande son à l’installation sur laquelle je travaille avec Luca Bonanno, quelques petites fulgurances musicales d’une trentaine de secondes avec de longues plages de silence… Au fond, tout au fond, un restaurant chinois, là aussi un espace trivial transféré, reconstitué comme le fragment d’une réalité qui se passe ailleurs, n’importe où dans le monde (le restaurant chinois comme la pizzeria n’est ni une chaîne, ni une licence mais il peut être partout dans le bush australien, à Shanghai, à Noailles ou dans le Vésinet). Et ici dîne un personnage masqué, seul, indifférent à ce qui l’entoure.

Frédéric Clavère /

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