Tatontitre collectif artistique itinérant
Gabriel Garçonnat, Gabriel Santarelli, Virginie Sanna
Vernissage vendredi 13 févier 2026 de 18h à 22h
Exposition du 14 février au 21 mars 2026
Cette exposition qui regroupe trois artistes prend ancrage sur les engagements du collectif TaTonTitre et réaffirme la portée politique et poétique de l’art.
Par son intitulé la proposition curatoriale souligne l’absolu rapport de l’artiste avec le monde dans lequel il vit et si les esthétiques de Gabriel Garçonnat, Virginie Sanna et Gabriel Santarelli semblent irréconciliables, elles sont au contraire radicales et marquent la volonté de confrontation avec le réel.
Le déjouement est au cœur de leurs pratiques : Gabriel Garçonnat déjoue les processus pour dévoiler des failles, Virginie Sanna pousse les protocoles jusqu’à épuisement faisant naître des formes poétiques et enfin Gabriel Santarelli déjoue les règles pour mettre en scène l’absurde.
Cette exposition fait écho avec les problématiques de Territoires Partagés et c’est pourquoi l’étrangeStailleurs est ici.
Le titre est à la fois une déclaration, une interjection, une interrogation des artistes et de leurs œuvres, elles s’adressent au regardeur en une exposition mouvante et évolutive qui joue sur le sens autant que les sens : une invitation à revoir et à réfléchir sur la portée de l’art.
Dans la lignée de propositions ambivalentes de Jean-Yves Jouannais et de Jean-Charles Massera*, cette exposition déstabilise les éléments qui la composent pour inconduire un tout qui souligne les singularités et met en avant la complicité des protagonistes qui sont aux platines. Comme il est déterminant de prendre en compte l’importance de l’art en ces temps troublés où les esthétiques se confondent dans le capital, l’étrangeStailleurs se veut une forme exubérante, parfois cacophonique et légère tout en gravité, en résistance au beau et au bête car c’est dans la radicalité que les oeuvres sont poétiques et c’est dans l’engagement de ceux qui les commettent que se trouvent les réflexions sur le monde.
Yann Perol
* ici je pense surtout, outre à l’Idiotie, au projet de Jouannais sur l’encyclopédie de la guerre et pour Massera je me réfère à Amour Gloire et CAC 40 et à Jean-Charles du tour.
TATONTITRE /
Toujours sur la trame de l’humour, mais qui dérive et tangue sur les questions du quotidien, Gabriel Santarelli et Gabriel Garconnat se sont associés pour faire le constat d’une société parfois bancale,
surprenante, et sensible. A travers le parasitage ou ce qui parasite, les 2 Gabriel pointent l’humain, parfois dans ses extrêmes comme dans ses moments de lumières, afin de dresser le portrait de ce que l’on rebute en société. C’est de là que nait TaTonTitre : un collectif qui propose un projet expographique itinérant, accompagné par Virginie Sanna et Yann Perol. Chaque édition se déploie dans un espace différent, aménagé pour l’occasion, et est systématiquement accompagnée d’un concept culinaire singulier en lien avec le contexte et les thèmes déployés. Ces recettes exclusives forment le ciment qui lie les briques de ce projet : une invitation singulière à une exposition d’art contemporain la plus accessible possible pour tous ceux qui veulent s’y intéresser.
Les artistes /
Gabriel Garçonnat est un artiste dont la méthode de travail est inspirée des
courants alternatifs liés au DIY, comme le design radical italien des années 1970. La
notion d’« objet éthique » est transposée à sa pratique photographique, à ses peintures
et ses installations sonores et chacune d’entre elles sont résolument hors-manufacture.
De ce fait, toutes les formes sont modulables et tous les sons sont possibles.
Gabriel Santarelli est un artiste pluridisciplinaire, qui use de la performance et de la sculpture pour mettre à tremper les codes et les infrastructures « sentant un peu trop ». Son travail est ancré dans l’humour et l’enfance par la question de l’image de la guerre, les mèmes et tout ce qui peut faire tâche. Il en ressort des blagues grinçantes qui prennent la forme d’installations participatives, « faire chier le monde » est un processus qu’il applique et qu’il consomme lorsque l’école ferme et que le Maz* lui ouvre ses portes. (*Haut lieu de consommation d’alcool et de questionnement sociologique).
Virginie Sanna s’inscrit dans une pratique profondément conceptuelle et analytique, explorant l’abstraction géométrique à travers des œuvres guidées par des protocoles, parfois générés par des programmes informatiques, qui déterminent la structure de ses compositions. Cette démarche l’amène à questionner la tension entre contrainte et instinct, en confrontant des règles préétablies à la spontanéité du geste de peinture, tout en portant une attention particulière au mouvement du pinceau et à la matérialité du médium. Hasard et aléatoire rythment son travail, entre imprévus et anticipations, notamment dans ses cubes en plâtre issus d’un processus analytique et répétitif. Par ces procédés, elle interroge la matérialité des formes et l’expérience même de création, rendant visibles les systèmes qui influencent la liberté du geste artistique. Virginie Sanna vit et travaille à Toulon, elle est la coordinatrice du lieu metaxu à Toulon et la présidente de l’association TaTonTitre.
Yann Perol est commissaire d’exposition et éditeur. Il s’intéresse de près à tout ce
qui sent la sulfure et entre deux censures, il déploie un certain romantisme qu’il trouve,
comme le dit Pessoa, dans la boue lorsqu’il parle des pierres précieuses insoupçonnées
de l’humanité. Ce récit plus ou moins fictif est en lien avec sa prédilection pour le
mensonge et l’autofiction. Il crée également de fausses antiquités grecques à caractères
pornographiques.



