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  • EXPO / Célia Cassaï – Cueillir la terre

    EXPO / Célia Cassaï – Cueillir la terre

    Vernissage samedi 6 mai 2023 de 18h à 22h
    Exposition du 4 mai au 1er juillet 2023

    Printemps de l’art contemporain 2023

    Entretien de Célia Cassaï avec Stéphane Guglielmet

    Première question que je voulais te poser, concerne ton parcours, est ce que tu peux me parler de tes études avant l’école d’art ?

    Je pense que c’est important de préciser que j’ai grandi dans une famille où l’art avait une place importante. Pas forcément les arts plastiques, mais mon père est musicien et chanteur. Ma mère écrit et fait de la peinture. Mon grand-père paternel m’a mis très jeune un pinceau dans les mains. Du coup j’avais une sensibilité à l’art dès l’enfance. J’ai également développé un lien à la nature avec mon grand-père maternel qui cultivait la terre. Il m’a donné une certaine compréhension du vivant assez jeune. Et c’est naturellement que, dès l’âge de neuf ans, mes parents m’ont inscrite dans une école d’art municipale à Gardanne où j’ai grandi. Je n’étais qu’avec des adultes parce qu’à l’époque il n’y avait pas de cours pour enfants. J’ai pu expérimenter tous les médiums, autant la taille de pierre, que la gravure, le fusain, la peinture à l’huile… C’est ainsi que logiquement, j’ai voulu faire un lycée, avec une option arts plastiques lourde. J’avais des cours d’arts plastiques et d’histoire de l’art neuf heures par semaine. Depuis l’adolescence j’avais donc envie de faire les beaux-arts. Après le lycée j’ai passé les concours et j’ai été prise à Marseille. C’est comme ça que j’ai atterri aux beaux-arts de Marseille.

    Tu peux me parler un petit peu de tes études, de comment tu les as abordées ? Est-ce que tu avais déjà une formation avec toutes ces années de pratiques artistiques ?

    Ce n’était pas aussi carré qu’une école préparatoire mais ça m’a fait toucher pas mal de choses. Du coup, aux beaux-arts, je me sentais totalement à ma place. En plus, à Luminy il y a le cadre de l’école qui est dans les calanques…C’est naturellement que ma pratique s’est centrée sur le travail de collecte, de cueillette et d’observation des éléments que la nature crée. Au début, je faisais plus de peinture : une peinture assez texturée avec, déjà, un intérêt pour la matière : avec du latex, des enduits… Et grâce à mes professeurs, je me suis lancée dans la sculpture.

    Par rapport à l’école, à tes années d’études, à quel moment tu as fait un choix au sujet de tes matériaux, de tes installations ? Est-ce que tu as toujours gardé dans ta pratique artistique du dessin ou de la peinture ?

    En fait, je pense que c’est à partir de mon voyage d’études en Amérique latine en 4ème année des beaux-arts que tout a changé. Dès la 3ème année je me dirigeais vers la sculpture mais j’avais du mal à quitter le mur. Grâce ce voyage j’ai été nourrie de nouvelles choses… C’était un voyage individuel, je crois que ça n’existe plus maintenant. J’ai pu partir au Pérou, au Chili et en Bolivie.

    Les pays étaient déjà définis par l’école où c’est toi qui les as proposés ?

    On pouvait choisir n’importe quels pays. Au départ, je voulais faire les beaux-arts de Santiago du Chili mais l’école était en manifestation. Je me suis rabattue sur le voyage individuel et au final tant mieux, puisque c’est grâce à ces quatre mois où j’ai arpenté l’Amérique latine, que j’ai vraiment compris que je voulais me placer dans une démarche de collecte. Je voulais travailler à partir des territoires où je me trouve. Essayer de retranscrire, par des sculptures et des installations, le territoire où je suis.

    Qu’est ce qui t’as saisi là-bas ? C’est la végétation, le paysage ?

    C’était surtout la diversité des paysages. En étant partie du nord avec le désert jusqu’au sud avec les glaciers, c’était impressionnant de voir qu’il y avait autant de paysages différents dans un seul et même paysDes paysages que je n’avais jamais vus. Je suis vraiment rentrée nourrie de tout ça.

    Donc au retour de ce voyage, tu as commencé ta dernière année de diplôme ?

    Alors ce qu’il s’est passé c’est que j’ai demandé un redoublement en 4ème année, même si je n’avais pas besoin de redoubler. J’avais passé quatre mois en dehors de l’école et je sentais que j’avais encore besoin d’une année pleine aux beaux-arts. Comme si ma 4ème année était ce qui m’avait nourrie et que maintenant j’avais besoin d’une année pleine en création. Cependant, comme j’avais validé cette première 4ème année, j’ai pu passer la seconde uniquement en atelier. Je n’avais pas besoin d’aller en cours. C’était ma meilleure année.

    Parallèlement j’ai entamé le travail de la céramique. Avant mon voyage j’avais déjà pu faire des workshops en céramique avec des artistes comme Dominique Angel ou Michel Gouéry, qui m’ont montré des perspectives que je n’imaginais pas en céramique. C’est à ce moment que j’ai commencé à faire beaucoup de céramique. Ces pièces en terre, je les ai liées à des éléments plus évolutifs comme les végétaux, le latex… J’avais déjà mon panel sculptural de latex, végétaux, céramique. Trois matières que j’utilisais déjà beaucoup à l’époque.

    Par rapport à ta dernière année, qu’est-ce que tu as présenté au diplôme ?

    J’avais présenté des installations sculpturales hybrides entre céramique et matières évolutives collectées comme la laine, les végétaux, le latex. Avec, comme à l’heure actuelle, cette envie de parler des formes que je peux rencontrer dans la nature et qui sont vouées à se transformer, la fatalité du vivant.

    A l’époque tu avais déjà des références artistiques fortes pour toi ? Dans l’art contemporain ou l’histoire de l’art ?

    On peut parler de Thu Van Tran. Je l’ai découverte en 5ème année des beaux-arts quand on est allés faire la biennale de Venise. On y est allés en novembre et son installation m’avait vraiment interpellée. Elle liait dans une installation monumentale une multitude de formes venant de la nature. C’était une installation totale.

    Sinon pour parler de ma « famille artistique » je dirais Guiseppe Penone, Herman De Vries, Arnaud Vasseux, Hubert Duprat…

    Tu as ton diplôme, et tu abordes comment la vie, l’après école d’art ?

    Dans le grand bain direct ! Ma dernière année des beaux-arts je l’ai passée dans un atelier avec cinq amis à moi. Directement après notre diplôme on a eu la volonté de garder ce groupe et cette dynamique. On a cherché un local pour en faire un atelier et on a monté l’Atelier Oxymore. On voulait garder cette dynamique de groupe des beaux-arts, tout en faisant des choses très différentes. On voulait être tous ensemble.

    Le but était d’avoir un espace chacun ?

    Oui, c’était un atelier de 110 m2. On avait à peu près 12m2 chacun pour travailler. Notre volonté était de faire un atelier, pas un lieu de monstration. Ponctuellement on faisait une exposition, environ une par an, on participait aux ouvertures d’ateliers d’artistes (OAA) et c’est aussi comme ça que le PAC OFF c’est construit, avec d’autres autres jeunes ateliers de Marseille. Depuis février 2023 on a créé avec d’autres amis artistes l’atelier MADMARX.

    Pour vous l’objectif c’était de produire, de postuler pour des résidences et je suppose aussi de gagner ta vie ?

    Parallèlement il fallait que j’aie un travail alimentaire. J’étais à Médiapost en distribution de publicités en boites aux lettres. Ce travail me correspondait totalement parce que cela me faisait marcher dans des endroits plutôt ruraux. Je pouvais faire mon travail alimentaire et en même temps procéder à mes collectes, cueillettes, observations de la nature… C’était un bon compromis. De plus, j’étais en binôme avec Valentin Martre, artiste lui aussi. Mes journées étaient donc remplies d’échanges artistiques qui nourrissaient mes réflexions. Après, concernant ma pratique artistique j’ai vite compris que mon intérêt premier était de faire des résidences de création et de recherche en territoire. Je voulais me nourrir d’un territoire pendant plusieurs semaines afin de créer des sculptures qui parleraient de ce territoire-là. C’est pour ça que j’ai postulé, pendant plusieurs années consécutives, à la résidence de Voyons Voir au domaine du Défend car je percevais que cela pouvait être propice pour ma recherche. C’est comme ça que l’année dernière j’ai pu la faire. C’était vraiment sept semaines parfaites pour moi, dans un cadre hyper nourrissant pour mon inspiration. C’est là-bas que j’ai commencé des pistes de travail qu’on peut voir aujourd’hui à l’exposition de Territoires Partagés.

    Il y a eu un autre élément marquant dans ma pratique, c’est la sculpture publique que j’ai fait avec Eiffage construction en lien avec l’école de beaux-arts et le ministère de la culture. Je l’ai faite avec deux amis à moi, Laurane Gourdon et Tony Ceppi. On a passé sept mois sur un chantier avec Eiffage, on a été totalement immergé dans le chantier. Au cours de cette résidence on a réalisé une sculpture monumentale en béton, le matériau phare de l’entreprise. A partir de ce moment-là, j’ai développé un regard critique sur le domaine de la construction en voyant pendant plusieurs mois la manière dont Eiffage travaillait. Au départ on était sur un site avec un parc, rempli d’arbres et ils ont tout dévégétalisé, arraché et bétonné. Ils ont construit sur des arbres qui étaient plusieurs fois centenaires. De là, j’ai développé une série d’oeuvres qui s’appelle BTP pour Botanique, Territoire, Paysage. J’utilise des formes du BTP comme des chainages, des piquets de mise en terre et au lieu d’utiliser du béton sur ces structures, j’utilise des végétaux. L’homme dévégétalise pour construire dans une ère où nous sommes conscient de notre impact sur la nature et dérèglement climatique en cours. Moi je vais utiliser des matériaux de construction pour végétaliser afin de réconcilier en quelque sorte la nature et l’homme dans notre ère anthropocène.

    On peut maintenant parler de ton exposition à Territoires Partagés. Est-ce que tu peux déjà nous parler du titre ?

    L’exposition s’appelle Cueillir la Terre. C’est une expression que j’utilise souvent. L’année dernière pendant la résidence avec Voyons Voir j’ai dû récolter beaucoup de terre, pour faire des briques ou des feuilles en céramique. Et quand j’en parlais je disais que j’allais cueillir de la terre. Souvent ça faisait sourire les gens autour de moi parce que n’est pas un terme correct. Après je trouvais ça intéressant d’utiliser ce titre puisque toutes mes sculptures partent d’une cueillette. Que ce soit les végétaux, la terre, les fenêtres que j’ai trouvées dans un jardin… Ce terme englobe également la Terre avec un « T » majuscule.

    Tu peux nous parler un peu de ton exposition ? Quand on rentre dans l’espace on se retrouve directement face à des portes-fenêtres de maisons. Ce sont des sculptures, des installations ? S.G

    Moi j’aime bien le terme d’installations sculpturales. Ces fenêtres je les nomme plutôt comme des vitraux végétaux. Elles sont créées avec des végétaux et du latex, qui est la sève de l’hévéa. Ce sont donc uniquement des matières végétales.

    Cette installation est née l’année dernière lors de la résidence avec Voyons Voir. J’avais cette envie de sacraliser la nature et de rendre un hommage à l’ancêtre du lieu, Georges Coutagne, qui était botaniste. En réfléchissant sur ces sculptures et en regardant dans mes archives, j’ai remarqué que j’avais commencé ce type d’expérimentation dès ma 2ème année des beaux-arts. Je m’intéressais déjà à la transparence du latex qui donnait cet effet « vitrail », mais je n’avais pas encore trouvé la forme finie.

    Là, le fait de le mettre sur des fenêtres, renvoie totalement à une sacralisation de la nature. Au lieu d’avoir des icônes chrétiennes, je mets des plantes à cette même place. S’il n’avait pas de végétaux, l’homme ne pourrait pas survivre. On serait comme sur Vénus. Tout part d’eux. Au lycée c’est sûrement pour ça que j’aimais beaucoup Spinoza, qui dit que la perfection n’est pas à rechercher dans une religion quelconque mais que « Dieu c’est la nature » (du latin, Deus sive Natura)

    Aux pieds des portes-fenêtres tu as réinstallé un coin de nature ?

    Oui, comme si la nature avait repris le pas sur cette forme manufacturée par l’homme. Comme une ode à la nature, un échantillon prélevé et installé dans la galerie. Ce que je trouve intéressant dans le fait de mettre de la terre et des plantes aux pieds de ces fenêtres, c’est le contraste entre le vivant qui continue de croitre et les vitraux qui continuent aussi d’évoluer mais dans leur mort. Le latex vieillit et change, il est éphémère, lui aussi.

    A côté de ces fenêtres il y a une autre installation, tu peux nous la décrire ?

    Il y a une installation murale qui joue avec l’architecture de la galerie. Elle est composée de tuyaux en cuivre et de céramiques en grès. Dans ces céramiques en grès, viennent naitre des plantes qui ont la particularité de se charger en cuivre. Elles sont hyperaccumulatrices. La base de cette installation est mon intérêt pour les plantes qui dépolluent. Je trouvais ça intéressant que, sur des territoires qui ont subis l’activité humaine et qui sont maintenant chargés en métaux lourds, des plantes naissent. Qu’elles puissent pousser dans des endroits comme ça. Les scientifiques ont découvert que ces plantes avaient développé comme un système de défense pour leur survie, par la dépollution de la terre où elles se trouvent. Dans mon installation, cette dépollution ne se fait pas dans la terre, mais dans l’eau. Ce travail est totalement nouveau, il m’emmène un peu ailleurs et me donne d’autres idées autour de la phytoremédiation

    Ensuite, au fond de la galerie, il y a un tas de feuilles. Tu peux nous expliquer le procédé de leur fabrication ?

    Ce tas de feuilles trouve également son origine dans la résidence que j’ai fait au domaine du Défend. J’ai commencé à cueillir de la terre et à en faire de la barbotine (mélange de terre et d’eau). Et vu que tous les soirs on faisait un feu de cheminée pour se réchauffer et que j’étais dans un moment de production intense, j’ai eu envie de faire quelque chose avec cette cheminée, avec ce feu. J’ai alors commencé à enduire de barbotine des feuilles du domaine et à les faire cuire directement dans la cheminée.

    J’ai été extrêmement surprise du résultat parce que cela a fonctionné. J’ai obtenu des feuilles en céramique avec l’empreinte très précise des rainures. Il y avait un coté archéologique parce qu’une fois la feuille cuite, il fallait gratter l’empreinte de la feuille en enlevant les cendres. Dans la cheminée, le feu avait brûlé totalement la feuille en laissant sa forme sur la terre. J’en ai fait plusieurs. Ces feuilles restaient très fragiles puisqu’elles étaient cuites à la cheminée, ce qui n’a rien à voir avec une cuisson dans un fourà céramique qui monte au moins à 900 degrés. A la fin de la résidence, j’ai pu tester avec un four adapté et ça a marché.

    Pour la restitution de la résidence, j’avais déjà cette idée de faire un tas de feuilles avec l’impression que le vent aurait poussé le tas contre la paroi d’un mur. Sauf que les feuilles étaient trop fragiles, je ne pouvais pas les accumuler les unes sur les autres. Je les avais présentées de manière plus classique sur des pierres calcaires, seules. Je voulais continuer à parler du vivant et de sa transformation par le choix de ces pierres qui sont des concrétions de végétaux, de coquilles ou d’insectes. Quand on regarde une pierre calcaire on regarde un paysage du passé.

    Ces feuilles que tu as créées pour l’exposition tu les installées comment ?

    Elles sont installées sur un tas de cendres, placé dans l’angle du fond de la galerie, comme si le vent les avaient déportées là, sur ce lit de cendres. C’est de ces cendres que ces feuilles naissent, par le feu.

    Est-ce qu’on peut parler de la dernière pièce de l’exposition ?

    Tout à fait. Avec cette idée de plantes qui accumulent du cuivre, j’ai eu cette vision d’une plante conductrice. Je me suis dit que si ces plantes se chargent pendant des années en cuivre, elles pourraient devenir des plantes de cuivre, conductrices d’électricité. J’ai demandé de l’aide à Valentin Martre, mon compagnon, qui est également artiste. Il a déjà fait des galvanisations d’insectes pour les rendre conducteurs. J’ai alors choisi de galvaniser une plante. J’ai pris un tournesol qui est une plante hyperaccumulatrice qui dépollue le sol en métaux lourds. Ce tournesol se transforme alors en un élément minéral et continuera d’évoluer par le processus d’oxydation naturel du cuivre.

    L’idéal serait de l’installer au mur, pour faire un ricoché avec l’installation des tuyaux de cuivre. Je voudrais le poser sur des clous en céramique, pour que le tournesol soit posé symboliquement sur de la terre.

    Et quel est ton regard sur l’art contemporain ? Est-ce que ça te préoccupe, t’interroge ? Tu as une expression qui était assez drôle sur le fait d’être dans le Game de l’art contemporain. Est-ce que tu te sens dans le Game ?

    Je me sens dans le petit Game. C’est sûr que j’aimerais exposer à la biennale de Lyon ou de Venise, rares sont les artistes qui n’aimeraient pas. Mais après, les salons, les foires, rentrent dans une marchandisation de l’art et mon travail ne rentre pas du tout dans ce cadre. Mes oeuvres ne sont pas considérées comme « vendables ». Pour l’instant je n’ai jamais vendu mais je ne suis pas du tout dans cette quête-là. Certains sculpteurs adaptent leurs créations au marché de l’art, au format du «stand». Comme si les artistes devaient s’adapter. Personnellement je ne suis pas trop pour. Je ne veux pas m’adapter à un marché.

    Et pour finir, comment tu vois l’avenir ?

    J’aimerais continuer à faire des résidences de création et de recherche. Je sens que ça m’a beaucoup apporté et actuellement c’est quelque chose dont j’aurais besoin. Je voudrais repartir en immersion dans un cadre rural, ça profiterait à ma création. Je vais continuer les appels à projet et j’espère que ce n’est que le début. C’est étrange, parce quand lorsqu’on a peu d’expositions on est tristes et plein de remises en question et au final quand on a beaucoup de projets, on est rapidement stressés et plein de questionnements aussi. Quand est ce qu’on est apaisé ? Ça je ne le sais pas. Je trouve que ce n’est pas toujours facile comme vie, mais c’est la vie que je veux mener.

  • PODCAST / Sur la route

    PODCAST / Sur la route

    Une série radiophonique en 11 épisodes réalisés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préparés par Éric Mangion, réalisés par Pierrick Mouton, et à l’initiative de Stéphane Guglielmet

    Avec le soutien du Ministère de la Culture dans le cadre du programme d’aide aux autrices et auteurs de podcasts et de créations radiophoniques.

    Episode 1 : Thank you for Coming (Nice)

    Episode 2 : Atelier expérimental (Clans)

    Episode 3 : Metaxu (Toulon)

    Episode 4 : La Compagnie (Marseille)

    Episode 5 : Vidéochroniques (Marseille)

    Episode 6 : Jeanne Barret (Marseille)

    Episode 7 : Les capucins, Centre d’art contemporain (Embrun)

    Episode 8 : Muséum départemental des Hautes-Alpes (Gap)

    Episode 9 : CAIRN, centre d’art (Digne-les-Bains)

    Episode 10 : 3bisf – Centre d’arts contemporains (Aix-en-Provence)

    Episode 11 : La Trésorerie (Nice)

  • EXPO / Mimesis – exposition collective

    EXPO / Mimesis – exposition collective

    Exposition du 18 février au 25 mars 2023

    Artistes : Chiara Cunzolo, Baptiste Croze, Marcantonio Lunardi, Gabriele Mallegni, Linda Sanchez, Francesca Sand, Carolina Zaccaro –

    Karma, karma, karma, karma, karma chameleon
    You come and go, you come and go
    Loving would be easy if your colors were like my dreams
    Red, gold, and green, red, gold, and green Culture Club,
    Culture Club, «Karma caméléon» (1983)

    «Karma caméléon» (1983) « Karma Chamaleon », chantaient les Culture Club dans les années ‘80. La chanson a rapidement connu le succès international, devenant partie intégrante de la culture populaire. En effet, le caméléon représente au mieux l’esprit d’adaptation : sa capacité de camouflage est transversale, quasi instantanée, et directement perceptible. Nous pensons maintenant au mimétisme naturel, le phénomène par lequel certaines espèces animales et végétales prennent les couleurs et les formes du milieu environnant. Ou encore au mimétisme social, le phénomène par lequel, inconsciemment, nous finissons par adapter notre comportement à celui de nos interlocuteurs. Le mimétisme est un processus protecteur et défensif dont le but est celui d’assurer les plus hautes probabilités d’évolution : mais à quel prix ?
    Si la faculté de se mimétiser trouve de nombreuses applications dans les sphères naturelle et sociale, elle peut aussi être source d’actions et de réflexions dans le domaine artistique. Le concept aristotélicien de mimésis nous propose d’observer les œuvres d’art comme si elles étaient des reproductions, des imitations du monde réel. L’histoire de l’art contemporain, quant à elle, nous invite à considérer les artistes comme de véritables caméléons : capables de se fondre dans différentes communautés (you come and go, you come and go), voire de s’adapter à la précarité et à l’arbitrarité du marché (loving would be easy if your colors were like my dreams / red, gold, and green, red, gold, and green).
    A l’occasion de l’invitation de la galerie Territoires Partagés à Marseille, nous proposons d’explorer ces réflexions en instaurant un dialogue entre les œuvres des artistes invités et les nôtres. Marseille est une zone particulièrement propice au mimétisme. Sa nature est imposante : le centre urbain est adjacent de deux parcs naturels qui abritent une importante biodiversité. L’histoire de la ville témoigne des immigrations méditerranéennes passées et présentes, ainsi que des processus d’adaptation qui s’en sont suivis et qui se poursuivent. Les œuvres d’art produites et présentées dans ce contexte peuvent nous fournir une clé supplémentaire pour comprendre ce phénomène et pour explorer la manière dont les artistes peuvent se l’approprier par leur pratique.
    Le projet de cette exposition, originairement conçu pour la ville de Marseille, établit un dialogue entre des artistes marseillais et toscans. Nous proposons, en 2024, de présenter Mimesis à Livourne, afin d’entretenir et d’approfondir cet échange. Comme Marseille, Livourne est une ville maritime, portuaire, entourée d’une forte végétation qui marque le style de vie de ses habitants.

    Carolina Zaccaro Marseille, 08.2022

  • EXPO / Nicolas Pilard – Tourbillon dans l’éther

    EXPO / Nicolas Pilard – Tourbillon dans l’éther

    Vernissage le jeudi 1er décembre 2023 de 18h à 22h
    Exposition du 1er décembre au 17 décembre 2023

    Dans le cadre de la saison du dessin Pareidolie

    « Lors de la grande querelle du vide, René Descartes tranche. Les conceptions aristotéliciennes ont encore de l’avenir, les cieux sont liquides; comment expliquer sinon le mouvement de toutes ces masses dans l’espace ? Les cieux sont liquides et s’y forment piroüettes et tourbillons, embarquent les objets célestes dans une danse circulaire ou spiralée ; c’est comme cela qu’ils s’arrondissent, polis dans le tourbillonnement de l’éther ; pas de vide donc mais une constante agitation, une tempête cosmique dans laquelle nous baignons, bercés par ces sensations toujours trompeuses de stabilité, d’aplomb et d’immobilité. C’est de cette fluidité plastique que sont faits ces dessins. Ils tracent des orbites, déploient des diagrammes qui tentent d’élucider la nature des courants qui nous emportent…et nous maintiennent… « 

    Nicolas Pilard

  • EXPO / Franck Pourcel – Moscou 1997

    EXPO / Franck Pourcel – Moscou 1997

    Vernissage vendredi 14 octobre 2022 de 18h à 22h
    Exposition du 15 octobre au 26 novembre 2022

    Dans le cadre du Festival PHOTO MARSEILLE 2022

    La série « Moscou 1994 » marque les débuts en photographie de Franck Pourcel. Influencé par la Street Photography américaine, il révèle dans les rues moscovites une écriture déjà fortement personnelle et une empathie pour les sujets qu’il photographie, qu’ils soient humains ou paysagers. Ses images témoignent d’un pan de l’histoire contemporaine de la Russie, juste après la perestroïka, et renvoient l’image d’une société et d’une ville en pleins bouleversements. Près de 30 ans après ce voyage fondateur, entre documentaire et poésie du quotidien, les photographies de Franck Pourcel montrent avec subtilité la globalisation du monde déjà en marche. Leur confrontation avec la récente et tragique actualité mesure les espoirs déçus de tout un peuple qui croyait alors en un monde meilleur.

  • PODCAST / La Galerie Ambulante

    PODCAST / La Galerie Ambulante

    Réalisation : Pierrick Mouton
    Prise de son et montage : Pierrick Mouton
    Musique originale : Marie-Hélène et Pierrot Farouze
    Mixage : Valentin Fleury

    Une production de l’association ART’ccessible / la galerie ambulante
    Un coproduction Switch (on Paper) et *Duuu Radio
    Remerciements : Région Sud, Drac Paca

    Episode 1 : Le Camion Bleu

    Episode 2 : On n’apprend pas à voir

    Episode 3 : L’art est plus intéressant que la vie

    Episode 4 : Penser autrement c’est bien !

  • PARCOURS / Fréderic Clavère – Galerie de Portrait

    PARCOURS / Fréderic Clavère – Galerie de Portrait

    Parcours de la Galerie Ambulante de septembre 2021 à juin 2022

    Entretien avec Frédéric Clavère sur son projet d’exposition dans la galerie ambulante.

    C’est quoi le portrait pour toi ?
    Le portrait c’est une vieille fascination, c’est un genre en peinture qui est important dans
    l’histoire de l’art. J’ai toujours été fasciné par le portrait, un des premiers portraits que j’ai
    beaucoup regardés, l’autoportrait d’Ingres. J’étais vraiment émerveillé par ses peintures, c’est
    un grand dessinateur.
    Le portrait c’est un exercice de rencontre, de miroir, comme les portraits photographiques de
    Nadar (écrivain caricaturiste, photographe français). C’est un peu comme un miroir avec une autre image que la tienne. Ce face à face m’intéresse
    beaucoup. Ce projet est né un peu par hasard. En général dans mon travail, j’ai des procédés
    l’élaboration, de construction d’images comme pour construire un film ou une scène de
    théâtre.
    A d’autres périodes, c’est directement l’image qui est le vecteur ou le moteur de la
    photographie. Sur la série des portraits, je n’ai fait aucune transformation, aucune altération,
    si j’avais une photo en noir et blanc, je peignais en noir et blanc, une photo en couleur, je
    peignais en couleur, si c’était surexposé je peignais surexposé, si c’était plus réaliste, plus
    détaillé, je peignais plus détaillé. Je me soumettais en quelque sorte à l’image, mais c’est
    devenu pendant un temps comme une espèce de marotte à la fois j’interrogeais ma
    mémoire, J’interrogeais ma mémoire et cherchais à la fois des photographies en lien. Après,
    il suffisait qu’il y ait une photographie qui révèle pour moi un potentiel de peinture et hop, je
    passais à l’action, je mettais le projet en peinture. Du coup, quand la série a commencé à
    s’étoffer, ce qui m’intéressait c’était le jeu avec ma mémoire, ma mémoire individuelle. Je me
    souviens des acteurs de second rôle qu’on voyait beaucoup à la télévision dans certains films
    à une époque : telle tête m’était familière. Il y a rarement des gens très connus, je n’ai pas
    fait Belmondo ou Alain Delon, c’est plutôt des seconds ou troisièmes rôles : le visage qui est
    extrêmement familier mais on ne sait plus trop par exemple si je te dis Paul Le Person ? mais
    si je te montre sa photo tu vas dire : oui je l’ai déjà vu cinquante mille fois, il jouait dans tel
    feuilleton, tel film. Souvent c’étaient des gueules, ça m’intéressait beaucoup !

    Comment arrives-tu à faire le parallèle entre un personnage qu’on va haïr par rapport à ses
    actes, ses faits comme la femme d’un dictateur ? Ou un homme qui a contribué à une
    extermination humaine, et un personnage plus sympathique comme Claude Piéplu ?

    Parfois on le sait mais pas toujours, c’est ce qui m’intéresse dans les sales gueules, les
    personnages peu recommandables, des dictateurs, des assassins. Dans le portrait on essaie
    de deviner, de voir pourquoi. En fait c’est une question qui est toujours sans réponse, je peux
    citer la banalité du mal d’Hannah Arendt. J’ai fait le portrait d’Eichmann, c’est cette espèce
    de visage comme ça que tu interroges à l’infini. Tu sais ce qu’il a derrière, qu’il a signé des
    papiers pour donner des ordres qui ont provoqué la mort de dizaines, de centaines de
    milliers de personnes. Les montres n’ont pas de tête particulière comme les vrais monstres,
    justement ils ressemblent un peu à n’importe qui. Est-ce que leur histoire finirait par
    imprimer quelque chose sur ce visage ? La gardienne d’Auschwitz se trouve au milieu du mur
    entre Picasso et les Poulbot, elle a cette espèce de regard interrogateur et en colère.
    Elle ne comprend pas ce qu’elle a fait et jusqu’au bout elle a refusé de comprendre, le jour
    de son exécution, elle a dit ”bon on y va, faites ça vite, qu’on en termine”. Elle donnait
    encore des ordres à ses gardiens de prison.

    Tu peux nous parler du portrait de Picasso, la femme qui pleure et de l’autoportrait de Van
    Gogh. Pourquoi les avoir mêlés à tous ces portraits ?
    C’est une chose que je fais assez souvent dans mes expositions, je me suis amusé à introduire
    des copies, pas des faux, parce que ça n’a pas d’intérêt, ce n’est pas pensé comme des faux
    au sens d’une imitation strict et frauduleuse, des fois je ne respecte pas le format. C’est un
    peu comme si j’invitais des copains. C’est une espèce de blague, ça m’amuse d’exposer avec
    Picasso.
    J’avais fait un portrait de Marcel Duchamp à ma toute première exposition à Marseille, un
    très grand portrait avec une perruque, mais une perruque plutôt à la Sheila, façon hit-parade
    des années 70.

    Est-ce que l’on peut dire qu’il y a une forme d’humour sur la façon dont tu vas aborder le
    portrait, tu fais retomber une tension ?

    Oui c’est un peu ça, c’est des rythmes, comme pour la mémoire de tout un chacun et comme
    la vie. Tu passes d’un drame à un moment heureux, des choses qui peuvent t’arriver
    personnellement, des choses drôles, étranges, insolites, bizarres. Ça peut être des gens que
    l’on croise dans la rue.
    Tu as parlé de la photo avec les portraits de Nadar. Pour toi ou se situe la frontière entre la
    création d’un portrait en peinture et d’un portrait photographique ?
    Moi, je fais de la photo en peinture.

    Et tu te définis comme ça ?
    Toutes mes peintures de portraits ou même dans d’autres aspects de mon travail, ce sont des
    peintures à partir de photographies ou de documents photographiques.

    On va aborder la technique, tu abordes ton travail peinture avec quelle matière ? La
    peinture à l’huile ou acrylique ?

    En fait je commence le portrait par une mise en place à l’acrylique avec quelques jus à peine
    colorés, je mets en forme le personnage dans le format. Ensuite je travaille à l’huile parce
    qu’elle me permet cette temporalité par le temps de séchage, et de rentrer un peu plus dans
    les nuances de la chair. J’ai plus de mal dans la réalisation avec l’acrylique.

    Tu mets combien de temps pour un portrait ?
    C’est relativement rapide. Certains sont venus plus rapidement que d’autres. Elio Di Rupo
    (homme d’État belge francophone, premier ministre de Belgique de 2011 à 2014), j’avais
    adoré ce moment-là, en deux coups de cuillère à pot, il est arrivé, j’aime bien ce type. Car
    pour d’autres ça peut prendre plus de temps. En gros c’est en deux séances. Une première
    mise en place à l’acrylique, ça sèche très vite, ensuite je commence le travail à l’huile et
    après je laisse passer un jour ou deux puis je finis le portrait. Il faut faire un temps de pause,
    ne plus voir le tableau pour pouvoir revenir dessus avec un œil frais. Dans l’ensemble, c’est
    rapide. C’est un peu une espèce de jeux de l’oie. J’installe les portraits dans l’atelier au fur et
    à mesure que je les fais ; je les mets tout près les uns des autres un peu comme les cases
    d’un jeu de l’oie. J’aime beaucoup les cases d’un jeu de l’oie, c’est un peu comme des petites
    peintures.

  • PARCOURS / Franck Pourcel – Moscou 1994

    PARCOURS / Franck Pourcel – Moscou 1994

    Parcours de la Galerie Ambulante de septembre 2022 à juin 2023

    Auteur photographe indépendant, Franck Pourcel vit à Marseille. Il questionne les rapports que l’homme entretient avec son territoire. Son travail photographique, en noir et blanc ou en couleurs, se situe entre le documentaire et création artistique contemporaine. Pour cette exposition, Franck nous emmène dans son premier voyage en solitaire, à Moscou, en 1994. Oubliées de l’artiste pendant 28 ans, ces photographies nous proposent une vision empathique du peuple russe, dans cette entre deux mondes, entre chute de régime communiste et ouverture à l’occident. Ces images nous racontent alors autant la misère d’une société sinistrés et la joie de se retrouver. Tout en noir et blanc, cet accrochage nous entraine dans la narration d’une Russie bouleversé et pleine d’espoir dans un moment clef de l’histoire.

    « J’avais pris la route, d’abord en autostop jusqu’à Paris. J’avais trouvé un bus pour Amsterdam puis Berlin, un troisième pour Varsovie. Le retour d’un bus de travailleurs émigrés m’avait conduit à Minsk, en Biélorussie. J’étais enfin arrivé en gare de Belorusskaya à Moscou, en train, avec la crainte de trouver une ville encore fermée aux Occidentaux. Une ville qui me fascinait et que je fantasmais à travers la révolution de 1917, les espoirs de l’idéologie communiste de Marx et Lénine. La dureté du régime de Staline avait instauré la terreur, le monde était effrayé, bouleversé. La guerre froide avait séparé l’Occident de l’Union soviétique. Mais la chute du mur de Berlin, la perestroïka de Gorbatchev et la fin du rideau de fer avaient ouvert les frontières. »  Franck Pourcel

  • EXPO / Marie Chéné – Emprunter les rues

    EXPO / Marie Chéné – Emprunter les rues

    Vernissage samedi 27 août 2022 de 18h à 22h
    Exposition du 27 aout au 1er octobre 2022

  • EXPO / Nicolas Daubanes – La grâce présidentielle

    EXPO / Nicolas Daubanes – La grâce présidentielle

    Vernissage le 26 mai 2022 de 18h à 22h
    Exposition du 26 mai au 9 juillet 2022

    Dans le cadre du printemps de l’art contemporain 2022

    Nicolas Daubanes est né en 1983, il vit et travaille à Perpignan. En 2010, il obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique de l’École des beaux-arts de Perpignan avec les félicitations du jury. Depuis 2008 et une première expérience en milieu carcéral au sein de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Lavaur, Nicolas Daubanes multiplie les expériences d’ateliers, de résidences d’artiste, de professorat en prison. Il ouvre à présent son champ d’action en allant vers d’autres espaces sociaux dits « fermés », ou encore « empêchés ». Il n’hésite pas à recréer des situations dans lesquelles il se met à l’épreuve, interrogeant ainsi plus largement les limites de l’existence et de la condition humaine.

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